Etes-vous honnête ?

On la confond souvent avec le fait de “dire la vérité”. Ou pire, avec le fait de “tout dire”. En réalité, l’honnêteté n’est pas une absence de filtre. C’est une exigence de cohérence entre ce que vous pensez, ce que vous ressentez et ce que vous exprimez.

Ce qui change tout.

Parce qu’on peut être très “transparent” et pourtant profondément malhonnête, en parlant sans se poser la question de ce qui est juste, utile, ou fidèle à soi.

À l’inverse, on peut ne pas tout dire, et rester honnête, parce qu’on respecte le contexte, la relation, et ses propres limites.

L’honnêteté demande en réalité plusieurs choses à la fois :
– être capable de voir les choses telles qu’elles sont, sans les arranger
– accepter ce que cela implique, même quand c’est inconfortable
– et choisir comment l’exprimer, sans se trahir, ni agresser

C’est une valeur exigeante.

Parce qu’elle vous empêche de vous raconter des histoires. Mais elle vous empêche aussi de vous cacher derrière des justifications faciles.

Et très concrètement, elle a des conséquences :

  • dans certaines situations, elle vous pousse à dire non,
  • dans d’autres, à reconnaître une erreur,
  • dans d’autres encore, à ne pas entrer dans des jeux que vous désapprouvez.

C’est aussi une valeur qui peut entrer en tension avec d’autres.
Avec la paix, par exemple, le besoin d’être apprécié, le confort.

Et c’est souvent là que les choses deviennent difficiles, parce que rester honnête peut vouloir dire déplaire, créer un déséquilibre, sortir d’un rôle.

Mais à l’inverse, renoncer à cette valeur a un coût : de l’inconfort, parfois même une forme de fatigue.

L’honnêteté n’est donc pas une posture morale. C’est une manière de rester aligné(e) avec ce que vous voyez, pensez et ressentez.

Et plus vous êtes précis(e) sur ce que cette valeur signifie pour vous, plus vos décisions deviennent simples.

portrait d'annie essbrok