Anniversaire

Visuel d'un enfant qui souffle sur un gateau d'anniversaire avec le mot "anniversaire" écrit par dessus pour illustrer ce moment de vie

Quand on est enfant, un anniversaire, c’est une victoire. On devient grand. On ajoute une bougie comme on ajoute un pouvoir, un droit, une permission de plus.

Puis, sans qu’on sache exactement quand ça bascule, l’anniversaire change de nature. Ce n’est plus une marche franchie, c’est un chiffre qui s’impose.

On dit encore « une année de plus », comme si c’était forcément une bonne nouvelle. Mais une année de plus, ce n’est pas toujours ça que l’on ressent. Ce n’est pas un gain. C’est souvent une année de moins.

Une année de moins devant soi.
Une année de moins pour certaines choses que l’on repousse.
Une année de moins pour ce qui demande du temps, de l’élan, de l’énergie.

Alors, chez beaucoup de personnes, l’envie de célébrer disparaît.
Non par tristesse, mais par lucidité. Parce qu’on ne fête plus un progrès, on constate un passage.

Ne plus aimer qu’on vous souhaite votre anniversaire, ce n’est pas être aigri.
C’est parfois refuser qu’on résume une vie à un compteur qui tourne. C’est refuser l’injonction à se réjouir quand, intérieurement, le moment appelle autre chose, du silence, du recul, de la justesse.

Peut-être que l’enjeu, ce n’est pas de fêter une année de plus. Mais de regarder ce que cette année a réellement été. Ce qu’elle a pris. Ce qu’elle a laissé. Et ce qu’on choisit, ou non, de continuer à porter.

Parce qu’au fond, un anniversaire n’est pas une obligation de joie. C’est un point de passage. Et chacun a le droit de le traverser à sa manière.

Photo de Annie Essbrok