L’anxiété n’est pas simplement une émotion fugace.
C’est un état émotionnel durable, à la frontière entre le sentiment et l’émotion.
Une émotion est brève, intense, déclenchée par un événement précis (ex. la peur quand un bruit soudain retentit).
Un sentiment est plus diffus, plus durable, issu d’une construction intérieure (ex. la confiance, l’amour, la jalousie).
L’anxiété se rapproche d’un état d’alerte prolongé, souvent sans cause précise ou disproportionné par rapport à la situation.
C’est ce bourdonnement sourd dans la poitrine, ce nœud dans l’estomac qui refuse de se défaire.
Ce n’est pas la peur. La peur, elle, a un visage, une cause, un début et une fin.
Ce n’est pas non plus le stress, qui s’éteint quand la tâche est terminée.
L’anxiété est plus subtile, plus insidieuse. Elle s’installe, elle reste. Parfois, elle se cache. Parfois, elle explose sans prévenir.
Elle colore chaque pensée, elle filtre le monde de manière déformante.
Elle ne crie pas toujours, elle chuchote souvent.
L’anxiété, c’est vivre dans un état de veille permanente, comme si quelque chose allait mal… même quand tout va bien.
